Astronomie au Pays du Soleil Levant

des Origines à la Fin de l'ère Meiji

Présentation du livre :

Les historiens des sciences de langue française ont relativement peu publié sur la civilisation japonaise et ont réservé leurs efforts au développement de l’astronomie dans la grande

civilisation chinoise. Ce livre comble donc cette lacune et présente l’histoire de l’introduction de la science astronomique au Japon dans les contextes politiques et sociaux

astronomie au pays du soleil levant

des différentes époques traversées, depuis la période d’Asuka au sixième siècle jusqu’à la fin de l’Ere Meiji au début du vingtième. De nos jours encore, les mythes et légendes liés aux constellations et aux noms d’étoiles sont restés bien vivants dans la culture populaire de ce peuple attachant.

Table des matières

Chapitre 1. Le Japon dans l'histoire.

1.1 La situation géographique

1.2 Origines dupeuple japonais

1.3 Le Japon préhistorique

1.4 Le Japon historique

1.5 La cosmogonie Japonaise et la religion fondamentale.

Chapitre 2. Analyse des publications sur l’observation des astres au Japon avant les contacts avec la Chine.

2.1 Publications concernant le site de Sannai Maruyama (三内丸山) dans la préfecture d’Aomori (青森県).

2.2 Publications concernant le site de Oyu (大湯)

2.3 Publications concernant le site de Kanayama (金山) dans la Préfecture de Gifu (岐阜県).

2.4 Publications concernant le site de Yamazoe (山添) dans la préfecture de Nara (奈良県)...

Chapitre 3. L’Astronomie dans le Japon historique

3.1 L’introduction des connaissances scientifiques chinoises.

3.2 Le code Taihô et l’enseignement de l’astronomie.

3.3 La mesure du temps

3.3.1 L’observation du ciel, rythme des saisons avant l’introduction du calendrier.

3.3.2 L’introduction du Calendrier

3.3.3 Les calendriers Japonais

3.4 La cartographie céleste au Japon.

3.4.1 Les premières cartes du ciel, l’origine chinoise ou coréenne

3.4.2 Les cartes du Ciel suivantes, l’origine japonaise

3.5 L’introduction de la science Occidentale

3.5.1 Influence des Jésuites

3.5.2 Introduction des théories Copernicienne et Newtonienne

3.6 La pratique de l’astronomie dans le Japon historique

3.6.1 Les observatoires astronomiques

3.6.2 Les instruments de l’astronomie

3.6.3 Les observations dans le Japon historique

3.7 Astronomie et culture populaire.

3.7.1 Dénominations populaires et légendes en relation avec la constellation d’Orion

3.7.2 Le festival de Tanabata (七夕), Véga de la Lyre, Altair de l’Aigle et la Voie lactée

3.7.3 La célébration de Setsubun (節分)

3.7.4 Grande Ourse et Petite Ourse, l’animal熊星座 ou le recoin 曲星座 ?

3.8 Conclusion.

Annexes

1.1 Glossaire des mots japonais, coréens et chinois

1.2 Liste des empereurs et impératrices du Japon.

1.3 Tableau chronologique de l’histoire du Japon.

1.4 Noms japonais officiels des 88 constellations

1.5 Liste des principaux astronomes du Japon Nés avant l'ere meiji

1.6 Bibliographie.

Interview

À l'occasion de la parution de son livre relatant l'histoire de l'astronomie au Japon, nous avons posé quelques questions à François-Claude Guglielmina.


1 URANIE: décrivez-nous votre parcours professionnel...
François-Claude Guglielmina: J’ai commencé ma carrière comme chimiste de recherche chez Dupont de Nemours, à Genève au laboratoire de recherche textile. Il s’agissait plus de développement que de recherche pure. J’ai ensuite rejoint FEDAROM, association professionnelle regroupant les producteurs de matières premières pour la parfumerie et les arômes alimentaires, à Paris comme directeur technique. J’avais la charge de représenter l’industrie française lors de réunions internationales. Puis, Ciba-Geigy m’a accueilli dans son sein, à Bâle (Suisse), comme manager de projets d’homologation des produits vétérinaires "Santé Animale". Il s’agissait de travailler avec les chimistes de recherche. Après quelques années, je me suis vu proposer le poste de chef du département "Santé Animale" au Japon, à Tokyo. Là, j’avais la responsabilité de toutes les activités du département. Grâce au travail de mes collaborateurs japonais, nous sommes devenus une division à part entière. De retour à Bâle, j’ai pris ma retraite en 2003.

 


2 URANIE: comment est née votre passion pour le Japon?
F.C.G.: Mes premiers contacts avec le Japon datent des années 1980, lors de réunions internationales. J’ai alors décidé d’apprendre la langue et la civilisation japonaises. Plus j’avançais, plus j’étais attiré par le Japon et sa culture.

3 URANIE: comment avez-vous eu l'idïée de mêler astronomie et Japon?
F.C.G.: J’ai passé mon enfance à Paris. Les dimanches après-midi d’hiver, mon père et moi aimions aller au Palais de la découverte. Là, nous ne manquions jamais la séance du planétarium. C’est là où est né mon intérêt pour l’astronomie, intérêt que j’ai toujours gardé en sommeil et qui s’est réveillïé à ma retraite. J’ai passé de longues heures à apprendre les notions d’astronomie via de nombreuses lectures. Je me suis procuré un télescope pour faire ce que j’appelle du "tourisme astronomique" et observer les corps du système solaire, l’univers lointain, écrire le lendemain un rapport d’observation, etc.
Lors d’une étude littéraire concernant l’histoire des sciences,

je me suis aperçu que très peu de choses avaient été publiées sur l’histoire de l’astronomie au Japon, surtout en langue française. Il n'en fallait pas plus pour aiguiser ma curiosité. C’est ainsi que je me suis lancé dans une recherche sur le sujet et que j'ai eu le plaisir de mêler deux de mes passions, Japon et astronomie.

4 URANIE: quels thèmes et découvertes vous ont le plus intéressés durant votre travail de recherche sur ce sujet?
F.C.G.: L’étude du calendrier ancien, luni-solaire, d’origine chinoise, "japonisé", et le thème des cartes du ciel. Mais aussi la notion du temps au Japon, avec une influence bouddhique indéniable ainsi que ce qui reste des vieilles croyances populaires, que l’on retrouve dans les festivals liés à des légendes astronomiques, de même que les noms d’étoiles et de constellations associés à des valeurs fondamentales du peuple japonais.

5 URANIE: durant la période où vous étiez au Japon, y a t-il des personnes, des rencontres, qui vous ont plus marquées que d'autres?
F.C.G.: Les personnes qui m’ont le plus marquées sont les gens simples de la campagne. On y rencontre de vieilles femmes toutes courbées par le poids des ans, qui ramènent sur leur dos un

fagot de bois pour la cuisine et qui, l’hiver, les pieds dans la neige, vous accueillent avec humilité, chaleur et sourire de bienvenue à l’entrée de leur ferme avec un bon bol brulant de soupe sucrée de haricots rouges.

6 URANIE: vous avez décidé de céder vos droits d'auteur pour venir en aide au peuple japonais (les Editions Burillier reversent pour leur part 1 Euro par ouvrage vendu): qu'avez-vous ressenti en découvrant les drames qui secouent actuellement le Japon?
F.C.G.: Ce drame terrible qui a frappé le Japon le 11 mars dernier, m’a fait revivre le tremblement de terre de Kobé en 1995. C’était déjà terrible à l'époque. Je n’ai réussi à contacter mes amis et mes anciens collaborateurs que le lendemain. Ils sont saufs. Mais je pense à toutes celles et tous ceux qui ont tout perdu, des êtres qui leur sont chers, leur maison. Il se trouve que je suis allé à Sendai lors de mon séjour. J’ai un souvenir ému pour cette ville. Je me sens solidaire de ces gens qui se comportent suivant les valeurs fondamentales de ce peuple : solidarité du groupe, dignité, humilité, courage, sourire devant l’adversité pour ne pas peiner les autres.

 7 URANIE: si vous deviez résumer en une phrase le peuple japonais : que diriez-vous?
F.C.G.: Un peuple qui malgré la modernisation et "l’occidentalisation" à l’ère Meiji, n’a perdu aucune des valeurs fondamentales de sa culture
ancestrale.

Vu dans la Presse:

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Galerie d'images:

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Les textes anciens

Extrait du Nihon Shoki

(Source: National Diet Library, Tokyo) 

  • 0585-02lar, Nihon Shoki

Le Takamatsu Zuka Kofun

(source, S. Renshaw et Ihara Sahori)

(de gauche à droite et de haut en bas)

1. Entrée Sud du Tumulus

2. Carte du ciel sur le plafond de la chambre funéraire

3. Mur de l'Ouest de la chambre funéraire, femmes de cour et suivants

4. et 5. décoration des murs de la chambre funéraire

6. Byakko le tigre blanc gardien de l'Ouest


  • asuka00
  • Ceiling map
  • Takamatsuzuka paroi ouest couleur
  • Takamatsuzuka vue generale est
  • Takamatsuzuka vue générale ouest
  • Takamatsu_Byako

Les gardiens des quatre points cardinaux

(de gauche à droite et de haut en bas)

1. et 2. Genbu la tortue du Nord

(source 1 S. Renshaw et Ihara Saori, 2 Kitora Kofun)

3. Suzaku le phénix rouge du Sud

(source Kitora Kofun)

4. et 5. Byakko le tigre blanc de l'Ouest

(source Takamatsu Zuka Kofun et S. Renshaw et Ihara Sori)

6. Seiryu le dragon bleu de l'Est

(source S. Renshaw et Ihara Sahori)



  • Fig. 15 b tortue du nord
  • Genbu
  • Suzaku
  • Takamatsu_Byako
  • Fig. 15 c Tigre blanc dfe l'ouest
  • Fig 15 a dragon de l'est

Instruments et observatoire

(de gauche à droite)

1. Les lunettes astronomiques construites par Iwahashi Zenbei

(source: Ville de Kaizuka, Zenbei Land Museum)

2. Illustration d'un livre de Iwahashi Zenbei sur la fabrication des lunettes astronomiques

(source: National Observatory of Japan)

3. Observatoire d'Asuka à l'ère d'Edo par, Katsushiuka Hokusai

(source: National Diet Library, Tokyo)


  • Fig. 34 Zenbei Land
  • Fig. 33 a
  • Fig. 22 Asakusa observatoire Ere Edo

Calendriers

(source: National Diet Library, Tokyo)

(de gauche à droite)

1. Guchureki, en place du 9ème au 17ème siècles

2. Taiyoreki, calendrier Grégorien adopté en 1873


  • Fig. 8 Guchureki
  • 6th year of Meiji (1873) Taiyo-reki